"et puis toi aussi"
Par Coco le lundi 15 juin 2009, 08:52 - Lien permanent
C'est petit mais en fait c'est énorme. C'est ma mère sur une petite chaise au coin d'une pièce, comme coincée, à la fin de la soirée, à la fin de son séjour en Europe, qui me demande si je viens au chalet cet été. Cormac est à côté de moi. Elle me dit que je verrai bien, si je trouve un billet pas trop cher, si ça peut coller avec mon boulot etc. Et puis elle tourne la tête et dit: et puis toi aussi, cormac.
Ce n'est pas cormac qu'elle invite au chalet, Temple Sacré de la Sainte Mémoire Familiale, c'est l'homosexualité de son fils (même si ça tombe bien que cormac soit gendre idéal). Il y a treize ans, elle m'avait dit "jamais tu ne viendras au chalet avec un garçon". C'était un peu devenu pour moi une sorte de symbole, un terrain interdit où il fallait laisser ma vraie vie à la porte. Et là, pendant cette soirée absurde chez un ami à elle, en présence d'une ancienne actrice porno, de deux fouetteuses sm, des ses amis tous anciens trotskistes maoïstes léninistes, aujourd'hui juste riche-ish, et avec son mari qui fume de la marijuana médicinale à la fenêtre, elle a abdiqué sur le dernier des symboles.
Etrangement, ce fut quelques jours après que j'ai décidé de ne plus batailler, de lui laisser l'homophobie qui lui restait, parce que c'est sa vie, son histoire, et que je ne demande plus à mes parents d'être des gens mieux. Etrangement, j'ai gagné, mais je m'en fous. Etrangement, je suis simplement content pour elle.
Commentaires
Et nous, on est contents pour vous tous ! Champagne (ou bien est-ce du mousseux ce qu'ils boivent sur la banière?) !
tu grandis ! et moi je fuis
C'est beau de veillir sereinement.....cela permet de se détacher !
çà permet de se connecter (à soi)